Je suis en phase de recherches pour encore et encore parfaire mon histoire, surtout dans le cadre du jeu que je veux réaliser, et je suis tombé ce matin sur un site et un article qui évoquent la confusion entre les sons et les paronymies d’un idiome à l’autre. J’ai découvert que certains essayaient de relier « Jesus » et « Zeus » en argumentant que la terminaison des deux créaient une sorte de lien de sens qui bien entendu, dans ce contexte précis, renverrait à la notion divine. Et donc, l’auteur, grec, explique bien qu’il n’y a absolument aucun lien, à l’oreille, phonétiquement, entre les deux mots, car Zeus en grec, Ζευς, se prononce (pour nous les français) « Zèfs ».
J’en suis pour mes frais, car il est vrai que depuis le début, je suis parti à fond dans la prononciation anglo-saxonne (« Zéousse » – en même temps, la part facétieuse de mon être torturé trouve ça très « rigolo ») pour justifier certaines de mes conventions scénaristiques. Après, l’important est davantage dans les 3 lettres « eus » et j’ai trouvé depuis longtemps une parade aux facéties du son en me réfugiant dans le sens de l’alphabet alchimique. Et je dirais même mieux, j’ai poussé loin le vice en trouvant des référence dans l’alphabet grec initial avec le site de M. Claude de Warren (https://www.greekmyths-interpretation.com) que je me fais un plaisir de citer, sachant que ça fait quelques années que je me tarabuste à le contacter sans le faire vraiment.
Ce projet est un projet dans les formes mais aussi en ce qu’elles contiennent – je sais que ces formes peuvent faire croire à un caractère enfantin, je l’assume car comme je l’ai écrit hier, c’est un rêve d’enfant, mais il y a aussi la volonté forte d’aller plus loin que les banalités ras la méta que je lis depuis mon enfance à propos de la mythologie grecque. Je fais une petite parenthèse pour évoquer une des mes croyances, que je n’impose à personne, qui est la théodicée. Je suis convaincu que tout est planifié, ce qui ferait de moi un providentialiste, un déterministe, un fataliste, ou toutes les catégorisations que vous voudrez, mais en bref je sais que tout est déjà prévu et que vivre n’est finalement qu’une suite d’événements planifiés et élaborés dans une sorte de plan divin… sauf que personnellement je donne au mot « dieu » le sens alchimique qu’il révèle, soit D> En soi, du haut vers le bas avec le tuteur de l’unité, I > l’unité, E > le monde ou les 3 plans, et U > l’athanor, ce qui contient. Pour faire clair, dieu est en soi, et je vous invite par ailleurs à faire comme moi et n’adorer que celui ou celle (comme c’est mon cas) qui est à l’origine de votre propre étincelle. Pour « Ange », « en je », c’est un peu la même idée, mais les hommes ont besoin qu’on insiste pour qu’ils commencent à écouter un peu. Ce « On » c’est votre dieu, suivez un peu ! (;-p)
Les religions, à mon sens, et je n’ai jamais cherché à convertir un croyant car je respecte complètement, en bon laïc, les croyances des autres, ne sont que des procédés pour alimenter des égrégores (matériels, spirituels, astraux, extra-dimensionnels et tout ce que votre imagination et votre intuition se plairont à nommer/imaginer) à des fins bassement politiques, que ce soit conscient ou inconscient. Le monothéisme pour moi est une pure absurdité car l’idée est de croire qu’un dieu unique aurait tout créé, ce qui est encore à prouver ; l’agnosticisme c’est se croire plus malin en disant que l’idée est séduisante mais que le mot « dieu » est réducteur (ce qui en soi est quand même un progrès) ; l’athéisme c’est généralement avoir pour croyance (et divinité invisible) une science qui est un concept fumeux si on la dégage de sa plus grande vertu, celle de n’établir des vérités, pardon, des consensus, qui ne tiennent que le temps qu’un autre les débusque. Si vous faîtes une EMI et que vous êtes harcelé par des formes géométriques, c’est que votre foi en l’hypoténuse vous aura rendu peut-être un peu trop sectaire, même pour vous même… Le polythéisme c’est avouer qu’on sait rien, sauf qu’on sent qu’il y a plein de forces à l’oeuvre – quelque part ça semble presque plus sage que ce qui précède, l’air de rien. Après, dieu, esprit, force, entité, puissance, etc., les mots sont ce qu’ils sont, avec la vertu de nommer mais aussi de cadenasser la pensée dans un carcan/labyrinthe dont vous ne trouverez jamais ni la clé ni la fin – du bonheur d’être « humain ».
En bref, de mon point de vue, nous avons tous un dieu, un ange-gardien, un superviseur, une source, dont nous ne sommes que la petite étincelle… Après, la règle ultime c’est que quoi que vous fassiez, quoi qu’on vous dise, quoi qu’on vous témoigne, quoi que vous lisiez, quoi que vous croyez croire, il est parfaitement impossible de sortir de cette amnésie profonde que la vie humaine nous impose. J’ai essayé d’être plus malin que le malin, c’est impossible, et la seule chose que m’a délivré mon expérience humaine qui commence un peu à s’étaler dans le temps, c’est qu’il y a un sens à tout qui ne vous est pas donné d’anticiper – sinon quel intérêt de vivre la grande aventure qu’est la vie humaine ?
Quand je parle des dieux, dans les Cycles d’Ouranos, je retourne dans le monde des formes, même si dès le premier volume je casse volontairement le mysticisme qui plane autour du concept. C’est la raison pour laquelle j’illustre une pièce d’argent à l’effigie de ZeuS juste avant une grosse case avec tous les Olympiens qui sont bien loin de leurs archétypes si connus (petite pensée émue pour Ulysse 31, très grande série animée aux scénarios et idées prodigieuses et très avant-gardistes – une de mes références). Une petite pensée pour celle qui récemment m’a dit que j’étais bien naïf d’imaginer que pour moi, l’incroyant, je péchais d’arrogance en imaginant qu’elle imaginait un vieux bonhomme à la barbe blanche perdu là-haut sur un trône de marbre à tous nous attendre sans nous attendre, à nous épier, même aux toilettes (il doit parfois bien s’ennuyer). Non, je pense simplement que tout se joue sur un mot et la puissance de l’Enargeia (ou évidence descriptive – quand on vous stimule pour que vous deveniez les maîtres d’œuvre, grâce à vos capacités imaginatives, des idées d’un autre). Ce mot, « dieu », quand on l’a assimilé il y a longtemps comme une clé psychique pour caser un concept bien pratique dans notre mental torturé, est en soi une croyance qui domine toutes les autres qui lui sont inféodées.
Interroger le mot, ne plus le laisser ce que j’appelle être un « maître-mot », et oui, c’est là que l’aventure commence. Par grande chance, la mienne, car personnellement mon dieu est une déesse, m’a toujours soufflé dans le creux de l’oreille que tout était escroquerie, pour le pire (défaut de croyances – difficile d’adhérer aux conventions diverses quand on vous suggère que tout est pipeau – tendance à la désobéissance, à l’irrévérence, à l’insoumission, à la révolte et j’en passe) et le meilleur (soit la capacité d’interroger profondément les choses faisant de la vie une véritable aventure, vécue pleinement et passionnément).
Le pire c’est que je reste chrétien, tout en convenant que de cet homme dont je ne connais que le mythe (mais dont je « reconnais » l’héritage moral et humaniste) que d’autres auront élaboré pour en tirer, encore une fois, un bénéfice personnel. Croyant fermement à sa tragique (mais si belle) théodicée (car comme écrit précédemment je le « reconnais » – je m’en rappelle, sa Vérité raisonne et résonne avec la mienne) qui nous a permis de bénéficier d’un héritage puissant et essentiel. Difficile d’expliquer à un croyant ou à un athée que personnellement je me moque complètement qu’il ait été le fils de dieu, à travers l’espace et le temps il aurait été mon Roi, car comme je l’ai expliqué à mes enfants, il est le seul dont nous ayons véritablement la trace. Car si la vie c’est l’expérience du Moi, alors le Roi est celui qui nous sublime tous, cet être rare qui vit entièrement pour les autres en s’oubliant totalement. Comme je l’ai souvent dit à mes enfants, je suis chrétien car devant lui j’aurais plié le genou, pas par soumission ou dévotion, mais parce que je sais que la première chose qu’il aurait fait c’est de me relever. Petite digression par ailleurs sur le genou, la constellation d’Heraclès montrant un homme « à genoux ». Le genou à terre, symboliquement, ce n’est pas que la faiblesse, c’est aussi le mouvement qui est interrompu, le temps d’une pause, d’une réflexion -Heraclès n’est pas qu’une force qui est là pour dominer, il y a une pensée profonde, une volonté derrière tout ça, et c’est aussi ce genre d’idée que j’essaie de mettre en œuvre/scène dans les Cycles d’Ouranos. La puissance, oui, mais pas pour dominer ou détruire, mais dans l’idée d’un être qui finira par se relever, s’élever en affrontant les épreuves et l’existence.
Pour revenir sur le propos liminaire, les lettres « eus » me permettent donc de conserver ma logique initiale (sans me reposer sur une logique de sons paronymiques). Ce n’est pas une affaire d’ondes, mais bien de formes. C’est par ailleurs la raison pour laquelle j’écris « Zeus » ZeuS, avec un « s » majuscule pour le conclure. C’est pour ça que mon ZeuS comprend à la fin du second volume (que je suis en train de réaliser) qu’Alkideus est bien son « fils » (je vous tease ou j’attise, au choix). Il faudrait que je prenne le temps de retrouver ce que j’avais écrit, sur ce blog, sur mon choix par ailleurs d’appeler mon Alcide « Alkideus ».
« IDE », dans « Alcide », révèle que le radical est la source, ce qui est ingénieux pour symboliser une parenté (avec Alcée/Alkios, le grand-père) mais je sais que j’avais trippé, alors, d’utiliser le mot « deus » pour créer un nom vraiment original (à ma connaissance, pas d’Alkideus dans le reste de l’univers connu, mais l’humain est tellement créatif que ça me semble un peu prétentieux à le penser – et donc « deus » qui induit « dieu »). J’ai changé, depuis, j’ai encore mûri (ou vieilli, ou on me susurre toujours davantage à l’oreille des choses que je crois venir de moi, au choix), je continue ma petite théodicée qui se nourrit de ce monde grec, très ancien, qu’une autre étincelle de moi à connu, à l’évidence. Ce n’est, par ailleurs, que récemment que j’ai compris l’origine de beaucoup de mes intuitions, comme celle de rapprocher le mythe d’Heraclès à celui de Gilgamesh.
Et le pire, c’est de « comprendre » que les Cycles d’Ouranos ne serait finalement que cette mémoire lointaine qui me hante et s’impose dans le fil de ma vie contemporaine, dans cette société plongée dans un obscurantisme scientiste…




